Animasia - Le Blog

7
Oct

Asobo, le studio de jeux-vidéos bordelais

Asobo, un studio bordelais

Je suis personnellement un gros joueur de jeux vidéo. J’affectionne tout particulièrement les jeux qui s’apparentent plus ou moins à de la course. Et parmi eux, il y en a un qui m’a beaucoup marqué : Fuel. C’était la première fois que je jouais à un jeu de course en monde ouvert. Je me souviens encore de mon étonnement quand j’ai découvert qu’on pouvait prendre sa voiture et se rendre absolument partout où l’on désirait sur une gigantesque carte. Fuel a d’ailleurs obtenu en 2009 le record du « Plus grand environnement jouable » dans le Guinness Book of Records!

C’est le studio bordelais Asobo qui est à l’origine de ce jeu. Et devinez quoi ? Asobo sera présent à l’édition 2018 du festival Animasia pour vous présenter pour vous présenter une démo de leur projet actuel, A Plague Tale : Innocence  ! Je vous propose donc dans cet article de découvrir ce studio de développement de jeux vidéo français !

Historique

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L’histoire d’Asobo commence en 2002 lorsque 12 développeurs décident de s’associer et de fonder ensemble un studio de production de jeux vidéo. Ainsi nait Asobo, un terme qui signifie d’ailleurs en japonais « amusons-nous ».

Dès 2003 sort le premier jeu signé Asobo, Super Farm, jouable sur Playstation 2. Ce jeu multijoueur propose aux joueurs d’incarner plusieurs animaux anthropomorphiques comme Sketch le lapin, Chop Fu le mouton ou encore Oinker le cochon. Plusieurs mini-jeux mais aussi un mode aventure sont disponibles, le tout dans une ambiance décalée et trash, un peu à la manière de Happy Tree Friends.

Le studio continue sur cette première lancée et commence à prendre de plus en plus d’ampleur. Entre 2003 et 2006, Asobo produit ainsi quatre jeux vidéo, dont trois adaptés de séries animées : Croque Canards, La Momie et Garfield 2.

C’est en continuant d’adapter des œuvres filmiques qu’Asobo va rencontrer son premier succès.

La collaboration avec Disney et Pixar

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En 2007, l’éditeur THQ approche Asobo pour que le studio adapte un film Pixar, Ratatouille. C’est un défi de taille. Le jeu vidéo doit ressembler au plus près au film et doit de plus être jouable sur un maximum de plateformes comme La Playstation 2, la Wii, la GameCube, la Xbox et sur ordinateur.

Asobo relève le défi avec brio : Ratatouille se vend à plus de deux millions d’exemplaires ! Le jeu reprend fidèlement le scénario du film et l’adapte en un jeu vidéo de plateforme. Le joueur incarne donc Rémi, le héros du film, et doit terminer plusieurs niveaux reprenant les célèbres séquences du film. Ainsi, on retrouve un niveau dédié à la fuite de Rémi dans les égouts ou un autre où il doit échapper à la cuisinière colérique du début du film.

THQ, satisfait du résultat, renouvelle l’expérience et collabore de nouveau avec Asobo sur l’adaptation en jeux vidéo de films Pixar avec plusieurs titres comme Wall-E (2008), Là-haut (2009) et Toy Story 3 (2010). C’est le début du succès pour le studio bordelais.

Fuel

Fort des succès que sont Ratatouille et Wall-E, Asobo sort en 2009 le jeu vidéo Fuel, qui représente pour moi leur meilleure réalisation. Le jeu propose un concept innovant pour l’époque : c’est un jeu de course qui se déroule dans un monde ouvert de 14 400 km² ! En effet, pour que les joueurs participent aux différentes courses, ils doivent s’y rendre par eux même. Ainsi, un joueur doit parcourir plusieurs kilomètres pour se rendre au point de départ de sa course ! De même, l’exploration de la carte permet de découvrir des challenges cachés qui offrent de superbes récompenses.

Le jeu se déroule dans une version alternative de la Terre. Dans cette version, la Terre est dévastée à cause du réchauffement climatique. Les joueurs évoluent donc dans un monde post-apocalyptique où la monnaie principale est l’essence (quelqu’un a dit Mad Max ?). De nombreux pilotes vont donc s’affronter dans des courses pour obtenir cette précieuse monnaie.

Un autre point fort du jeu est la personnalisation des véhicules. Je suis le genre de personne qui peut passer plusieurs heures à créer un personnage dans un jeu vidéo. Et à ce niveau-là, Fuel répond à toutes mes envies. Fuel propose un grand choix parmi une longue liste de 70 véhicules : motos, buggies, BMX, camions, muscles cars etc. Chaque véhicule peut être personnalisé, libre à vous de choisir sa couleur ou tous les graffitis que vous désirez lui apposer ! Et il en va de même pour le pilote dont vous pouvez choisir les vêtements et accessoires.

Début de la collaboration avec Microsoft

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En 2012 Asobo collabore avec Microsoft sur le jeu Kinect Héros : Une aventure Disney-Pixar. Le jeu met en scène plusieurs héros des films Disney-Pixar comme Rémi de Ratatouille, les super héros des Indestructibles ou encore les personnages de Toy Story. Tous les personnages sont contrôlables via la caméra connectée de la Xbox : la Kinect. Les mouvements des joueurs sont enregistrés par la caméra puis retransmis au sein du jeu vidéo.

David Dedeine, cofondateur du studio déclare à ce propos dans une interview accordée au site realite-virtuelle.com :

Réaliser un jeu Pixar où le joueur devait incarner des personnages de films était un vrai défi, car il fallait que les mouvements soient fidèles à la fois à la réalité du joueur, mais également au cahier des charges imposant fourni par Pixar. Se mouvoir dans la peau d’un super-héros des Indestructibles, ce n’est pas la même chose que d’être dans la peau de Rémi, le rat de Ratatouille.

Pionniers de la réalité virtuelle

Suite au résultat satisfaisant de Kinect Héros : Une aventure Disney-Pixar, Microsoft décide de confier à Asobo le développement de plusieurs jeux en réalité mixte sur HoloLens (Le casque de réalité mixte produit par Microsoft). Asobo est ainsi le premier studio à se lancer dans le développement de jeux sur cette technologie. Et d’après le vice-président de Microsoft lui-même, cette collaboration a été fructueuse :

Asobo Studio est une entreprise créative et un développeur de classe mondiale. Nous sommes ravis d’avoir pu bénéficier de l’expertise de cette société dans de nombreux domaines, particulièrement leur capacité à créer de nouveaux jeux pour de nouvelles et passionnantes plates-formes. Nous sommes impatients de voir comment le travail d’Asobo inspirera les autres développeurs dans leur création d’expériences en réalité hybride pour le Microsoft Hololens.

Aujourd’hui, deux jeux utilisant HoloLens ont été développés par Asobo. Tous deux sont sortis en 2016.

Young Conker 

Young Conker est un jeu de plateforme un petit peu spécial… Il utilise votre environnement pour créer ses niveaux ! En effet, si vous jouez chez vous dans votre salon, L’HoloLens va scanner toute votre pièce pour ensuite l’utiliser comme décor. Ainsi, vous pouvez trouver Conker, le héros du jeu, sur votre fauteuil dans votre salon ! Les commandes sont très simples : Conker se contrôle juste avec des mouvements de mains. Pas besoin de manettes !

Votre environnement est le décor du jeu Young conker! vrfocus.com

Fragments

Fragments est peut-être le projet le plus ambitieux de l’histoire du studio. Il reprend le même principe que Young Conker et utilise l’environnement du joueur comme décor. Sauf que cette fois-ci, le joueur est dans la peau d’un enquêteur futuriste. Le but est de résoudre une enquête et pour se faire, des événements liés à l’enquête sont reconstitués devant vous. Ainsi, vous assister à une reconstitution de tout ce qui s’est déroulé dans l’affaire que vous devez résoudre. Mais cette reconstitution prend place dans la pièce où vous êtes, juste devant vous. Vous avez même la possibilité de discuter avec les personnages qui sont à vos côtés ! Dans Fragments, l’immersion est poussée à son paroxysme.

Résolvez des énigmes dans votre salon avec Fragments , nokians.fr

Le dernier projet en date : A Plague Tale : Innocence

Ce jeu se déroule en France en 1349. Et le Moyen Âge n’était pas une époque clémente. En effet, à cette époque, le pays était frappé par une épidémie de peste. Des millions de personnes perdent la vie suite à cette maladie. On estime que cette épidémie a tué entre 30 et 50% de la population européenne en seulement cinq ans ! Les historiens surnomment cette épidémie « peste noire » et évaluent environ 25 millions de victimes.

Dans ce contexte apocalyptique un frère et une sœur, Amicia et Hugo, tentent de survivre. La tâche s’avère d’autant plus compliquée que l’Inquisition (une police religieuse) est aussi à leur poursuite ! Amicia et Hugo vont donc fuir la peste et l’inquisition et traverser une France dévastée. Mais les ennemis les plus dangereux qui se dressent sur leur route sont sûrement les rats.

Et les rats, vous en trouverez des centaines de milliers dans A Plague Tale : Innocence. Asobo a même inventé une technologie permettant de faire apparaître 5000 rats à l’écran. Et ils sont tous animés et terrifiants.

Une ambiance macabre

Les rats sont omniprésents dans les décors, asobostudio.com

Le jeu n’est pas exactement une reconstitution historique de la France en 1349. Beaucoup d’éléments sont exagérés pour correspondre à une ambiance voulue par les développeurs. Mais si on doit retenir une chose de A Plague Tale : Innocence, c’est bien son ambiance lugubre. Parmi les trailers diffusés, on se rend tout de suite compte à quel point cette ambiance a été travaillée. Les jeux d’ombres et de lumière ont l’air sublimes, tout comme les décors en général. D’ailleurs, le gameplay du jeu a l’air plutôt sobre pour laisser plus de place à l’ambiance du jeu.

En effet, A Plague Tale : Innocence est un jeu à la troisième personne d’aventure et d’infiltration. Les mécaniques de gameplay ont l’air peu nombreuses mais efficaces, à l’image de The Last of Us. Le jeu semble surtout se concentrer principalement sur son histoire et son ambiance, pour une immersion efficace.

Personnellement, les trailers du jeu m’ont convaincu (ce qui est plutôt rare pour un jeu console). J’ajouterais sûrement A Plague Tale : Innocence à ma collection vidéoludique!

 

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Auteur : Yatsu Atatakai

 

 

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