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ANIMASIA « HORS LES MURS » JAPON – Des jeux de société qui nous emmènent au Japon

Jeux de société et Japon. Une palette qui va des jeux de stratégie traditionnels à d’autres pas forcéments japonais mais tout à fait japonisants.

Le jeu de société, une histoire millénaire

monopolyBien loin de nos Bonne Paye, Monopoly, et autres Risk, l’histoire du jeu de société nous fait revenir à plus de 3000 ans avant notre ère. En effet, c’est à cette époque que l’on a conçu le tout premier jeu de société connu en Égypte . Il s’agit d’un grand ancêtre des échecs. Il fallait déplacer des pions sur trois rangées de six cases. Petit à petit, le jeu de société s’est développé partout à travers le Monde et de nombreux classiques ont pu voir le jour : les échecs (probablement au VIIe siècle), le go (supposément en Chine entre 771 et 453 avant J.-C.) ou encore le Monopoly aux États-Unis en 1953 !

 

 

Une variété qui se dessine dans le temps

À ses débuts, quand il n’était pas un jeu de hasard/argent, le jeu de société mettait souvent en avant sa dimension intellectuelle et stratégique. C’est le cas pour certains des exemples que nous avons cité précédemment.  pensons aux échecs ou go. Leur fonctionnement était en plus souvent inspiré de stratégies militaires. Ainsi, au VIIIe siècle lors de son introduction au Japon, le pratique du go se généralisa auprès des samouraïs comme entraînement à la stratégie militaire.

C’est véritablement à partir des années 1990 que la dimension conviviale du jeu de société a été mise en avant, quitte à passer devant la stratégie. Le genre est alors devenu une véritable opportunité pour laisser libre cours à sa créativité, un changement qui se traduit notamment aujourd’hui par la mise en avant  quasi-systématique des dessinateurs dans les démarches de communication. Alors, au travers du choix d’un univers graphique spécifique, d’un vocabulaire particulier, les jeux de société sont souvent devenus le lieu de la création d’un univers qui leur est propre (qu’il soit inspiré d’une réalité ou purement fictionnel) dans lequel les joueurs sont invités à se plonger comme ils le feraient avec un jeu-vidéo ou un film par exemple. À tel point que la question se pose aujourd’hui de savoir si le jeu de société peut être considéré comme un art ou non?

dixitMais qu’en est-il pour le Japon ? Qu’ils en proviennent ou qu’ils en parlent seulement, qu’est-ce que les jeux de société nous montrent-ils du pays du Soleil-Levant ?

 

Les jeux de société et le Japon

Au cœur des traditions japonaises

Le mah-jong et le jeu de go sont tous deux originaires de Chine. Certes. Mais, étant arrivés au Japon très tôt par rapport à leur création (respectivement en 1945 et en 735), ils ont eu le temps de s’y implanter et d’y développer des règles spécifiques. C’est ainsi que les règles dites Riichi du mah-jong ont été totalement adoptées au Japon dès 1960 tandis que plusieurs modifications ont été apportées aux règles du go. L’un comme l’autre, ces jeux de société font désormais l’objet de championnats officiels, notamment au Japon.

Des stratégies peu évidentes à intégrer

Le mah-jong est, à la base, un jeu d’argent. Il associe tactique, stratégie, calcul, psychologie, ainsi qu’une part de chance qui peut être plus ou moins importante selon les règles utilisées. Le jeu s’apparente en certains points au rami ou à certaines variantes du poker. Chacun leur tour, les joueurs doivent piocher une tuile puis en écarter une autre de leur main. Le but est de constituer un mah-jong : une combinaison de trois trios de tuiles (ces dernières doivent être identiques ou consécutives) ainsi qu’une paire. mah-jong

 

 

gobanQuant au jeu de go, les règles de base sont simples. La partie se joue sur un plateau appelé goban. Il présente un quadrillage de 19 lignes horizontales par 19 lignes verticales. 361 intersections donc, sur lesquelles les joueurs doivent disposer à tour de rôle leurs pierres (soit noires, soit blanches). L’objectif est de faire prisonnières celles de l’adversaire en les entourant avec les nôtres. Malgré ces règles en apparence assez simplistes, le go cache une grande profondeur stratégique. Particulièrement en Asie, la différence est très nette entre les joueurs professionnels et les amateurs, et un système de rangs a été mis en place pour permettre de reconnaître le niveau de chacun.

 

 

Des jeux japonisants venus de l’Occident comme du Japon

traders of osaka Puisque les jeux de société sont désormais l’occasion de plonger les joueurs dans un univers nouveau, les créateurs font preuve d’une imagination sans limite et nous emmènent parfois au cœur du pays du Soleil-Levant.

C’est ainsi que Honshu (un jeu stratégique de développement de territoire imaginé par Kalle Malmioja) et Traders of Osaka (un jeu de réflexion de Susumu Kawasaki) nous invitent à incarner tour à tour : des nobles à la recherche de nouveaux territoires et d’opportunités pour s’enrichir et asseoir leur influence sur le pays ; ou des courageux marchands d’Ôsaka qui doivent traverser l’océan pour faire parvenir leurs marchandises à Edo. Et tout cela dans les décors propices aux fantasmes du Japon féodal !

De son côté, le jeu de dés Sushi Dice d’Henri Kermarrec nous met dans la peau d’un commis spécialisé dans les sushis, attention à ne pas lâcher les dés de vos adversaires des yeux ! Enfin, de son côté, le King of Tokyo de Richard Garfield nous offre la possibilité de devenir un immense kaiju (bête étrange, Godzilla est sans aucun doute le plus célèbre d’entre eux) venu détruire Tôkyô. Ou ses semblables, c’est au choix. Quoi de plus grisant ?

 

Entre jeu stratégique traditionnel et cadre japonisant : Yôkaï no mori

 

yôkaï Yôkai no mori, « la forêt des yôkaï » en français, est un jeu de stratégie imaginé par la japonaise Madaoka Kitao. Il s’agit ici de manipuler des yôkaïs, esprits divers et colorés du folklore japonais, qui s’affrontent amicalement dans leur forêt. Le but est pour chaque camp d’aller capturer le koropokkuru adverse (un vieux lutin plein de sagesse).

La spécificité de ce jeu, c’est qu’il est en réalité la transposition d’un jeu de société traditionnel japonais, le shogi (sorte de cousin oriental des échecs), dans un cadre plus japonisant et attractif. De fait, du même coup, Yôkaï no mori remet au goût du jour un classique du jeu de société japonais. Tout en mettant en avant une part de la culture japonaise très appréciée et pourtant méconnue. Celle du folklore et des yôkaï (que les studios Ghibli et la franchise Pokémon, parmi d’autres, affectionnent aussi tout particulièrement). Le shogi est ainsi plus attrayant et son apport stratégique devient un plus non négligeable à la qualité du jeu.

Les jeux de société, c’est vraiment très chouette !

jeu de go

C’est pourquoi, le 26 avril prochain à l’Union Saint Jean, nous vous invitons à passer la soirée à jouer avec nous. Évidemment, tous les jeux liés au Japon dont nous avons parlé ici seront disponibles, ainsi que beaucoup d’autres ! De nombreux intervenants seront présents dont des associations bordelaises autour du mah-jong et du go – respectivement Furitenya – Club de Mahjong Bordelais et Kitani –, tandis que des spécialistes bordelais du jeu de société comme l’association Ludoludik et Jeux Barjo nous prêterons des jeux.

Parmi tous les jeux dont nous avons parlé, lequel vous tente le plus ? Moi, c’est clairement le Yôkaï no mori. J’ai grand hâte de l’essayer et je compte sur vous pour m’accompagner, venez nombreux !

Et n’oubliez pas de suivre la programmation d’Animasia « Hors Les Murs » !

Auteur : Simon Morgan

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