La calligraphie

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17
Juil

La calligraphie japonaise, quand l’écriture devient un art – Festival Animasia 2018 JAPON

L’art de la calligraphie

Un calligraphe à l’oeuvre, blogspot.com

La calligraphie désigne l’art d’écrire et de former des caractères d’écriture les plus beaux possibles. On retrouve d’ailleurs dans son étymologie les mots d’ancien grecs kállos, que l’on peut traduire par « beau » et grapheîn, traduisible par « écrire ».

La calligraphie au Japon

« calligraphie » écrit en japonais, i.pinimg.com

La calligraphie est un art représentatif de la culture artistique japonaise. Elle est un art traditionnel encore pratiqué aujourd’hui par de nombreux japonais. Ils traduisent d’ailleurs le mot calligraphie par « shodo », qui signifie littéralement « la voie de l’écriture artistique ». Une légende explique les origines de la calligraphie japonaise : un personnage nommé Wani aurait apporté au Japon les caractères d’écriture chinois (appelés sinogrammes). Invité par la Cour impériale en 405, Wani initia les japonais à l’écriture par le biais des sinogrammes. En effet, à cette époque, les japonais ne disposaient pas encore d’un système d’écriture. Ils ont donc commencé par utiliser les caractères chinois pour écrire leur propre langage.

Apparition d’un alphabet japonais

L’écriture chinoise posa quelques problèmes aux japonais. En effet, la grammaire de la langue japonaise était parfois incompatible avec l’écriture chinoise. Les japonais ont donc commencé à élaborer un système d’écriture adapté à leur langue. En 759, le poète Otomo no Yakamochi écrit un recueil de poèmes du nom de manyôshû avec des nouveaux caractères créés pour l’occasion. Ainsi apparaissent les caractères man’yogana, premières traces d’un alphabet japonais et donc, de calligraphie japonaise. Les man’yogana s’inspiraient beaucoup du système d’écriture chinois, nombreux de ses caractères étaient alors des variations des caractères chinois.

La première forme d’alphabet japonais est donc intiment lié à une forme d’art : la poésie. L’écriture est ainsi, dès ces débuts, une forme d’art : la mise en page et la rédaction étaient déjà le résultat de profondes réflexions.

L’alphabet moderne japonais

Petit à petit, les man’yogana vont muter pour devenir plus simples d’utilisations. Les caractères deviennent de moins en moins nombreux et ne correspondent plus qu’à une seule syllabe. En effet, certains caractères man’yogana pouvaient correspondre à plusieurs syllabes, ce qui compliquait considérablement la lecture.

Cette mutation va donner naissance aux deux ensembles de caractères syllabaires japonais modernes : les katakanas et les hiraganas. 

Kanjis, katakanas et hiraganas

Le kanji « yama »

Les kanjis « ni » et « hon »

Le japonais moderne comprend trois ensembles de caractères destinés à des usages différents : les kanjis, katakanas et hiraganas

Les caractères kanjis interviennent dans l’écriture de la plupart des noms japonais. Chaque kanji est donc associé à un nom comme yama, la montagne, ou kuruma, la voiture. Certains kanjis combinés entre eux forment des nouveaux mots. Si on prend les kanjis ni, le soleil, et hon, les origines, et qu’on les combine, on obtient nihon, le mot japonais pour désigner le Japon! Le mot Japon signifie donc, littéralement, « origine du soleil ». C’est d’ailleurs pour ça qu’on le surnomme « pays du soleil levant ». La plupart des kanjis sont en fait hérités des caractères chinois et donc des man’yogana. Aujourd’hui encore on retrouve beaucoup de kanjis utilisés à la fois en japonais et en chinois.

Le kanji « kuruma »

Les hiraganas sont quant à eux des caractères correspondant à une seule syllabe. Ils interviennent dans tous les cas où les mots ne peuvent être écrits en kanjis. En effet, il existe tellement de kanjis que certains sont très peu utilisés et méconnus des japonais! Dans ces cas-là, des hiraganas sont inscrits au-dessus du kanji pour faciliter la lecture.

Il nous reste donc les katakanas, des caractères principalement utilisés pour écrire des mots étrangers en japonais. Ils peuvent aussi servir à écrire des mots scientifiques ou des onomatopées.

Liens entre calligraphies et écriture

Le kanji « kaku » traduisible par « écrire’ ou « peindre »

En japonais le kanji ? (p.115) est la traduction du mot français « écrire » mais aussi du mot « peindre ». Ainsi les concepts d’écriture et de peinture sont, au Japon, intiment liés. En quelques sortes, écrire à la main est comparable à peindre un tableau. L’écriture est donc une forme d’art en elle même. Les calligraphies sont ainsi des véritables tableaux.

De plus, les calligraphes doivent avoir une connaissance parfaite des kanjis et hiraganas. En effet, chaque caractère doit suivre un tracé précis. Si un trait n’est pas fait dans l’ordre voulu par la théorie, la calligraphie est jugée ratée. Il faut alors la recommencer.

Ordre de tracé du kanji « mizu », shirubiisho.com

Comment faire de la calligraphie?

La calligraphie est un art qui s’apprend. D’ailleurs, au Japon, la calligraphie est une matière comme les autres à l’école primaire. Il faut aussi choisir si on suit les enseignements d’une école particulière. En effet, il existe plusieurs pratiques de la calligraphie. Parmi elles se trouvent par exemple la calligraphie zen ou la jôdai-yô. La calligraphie zen se concentre sur le travail de l’esprit du calligraphe plutôt que sur le résultat physique de l’oeuvre. La jôdai-yô quant à elle cherche à se démarquer de la calligraphie chinoise pour créer un véritable style de calligraphie japonais.

Quels outils?

Traditionnellement, la calligraphie nécessite quatre outils indispensables : le pinceau, le bâton d’encre de Chine, le papier et la pierre à encre. Ces quatre outils sont d’ailleurs surnommés « les quatre trésors du lettré ».

Les outils d’un calligraphe, chinatoday.com

Une technique particulière

La calligraphie repose en grande partie sur le travail mental de l’artiste. Il faut libérer son esprit de toutes pensées parasites et se concentrer essentiellement sur son oeuvre. Cet état d’esprit est nommé mushin par le philosophe japonais Nishida Kitaro. Le but est d’accéder à un état d’esprit paisible pour ne faire qu’un avec ses outils. Les outils deviennent alors le prolongement direct du corps de l’artiste.

 

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Bibliographie : PARVULESCO Marguerite-Marie, Ecriture calligraphie et peinture, Waseda Commercial Studies Association School of Commerce Waseda University, 2015.

Auteur : Yatsu Atatakai

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