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14
Sep

Le Manga partie 2 : Pratiques contemporaines – Festival Animasia 2018 JAPON

Je vous propose de découvrir dans cette seconde partie d’article quelles sont les pratiques contemporaines du manga.

Le manga aujourd’hui

Osamu Tezuka (1928-1989)

Osamu Tezuka et l’intégralité de son oeuvre, elrincon11.wordpress.com

Il existe un mangaka au Japon qui est considéré comme le « Dieu du manga ». Cet homme, c’est Osamu Tezuka. Il est pour beaucoup celui qui a posé toutes les bases du manga moderne. L’esthétique, mais aussi la forme narrative de ses mangas sont toujours utilisées par de nombreux mangaka d’aujourd’hui. C’est par exemple lui qui a commencé à dessiner des yeux disproportionnés sur ces personnages. En effet, Tezuka était un grand admirateur des films Disney qui ont marqué toute son enfance. Et les personnages Disney des années 30 disposaient tous de grands yeux qui accentuaient leurs expressions. C’est ainsi que dès ses premières œuvres, les personnages de Tezuka possèdent de grands yeux qui occupent parfois la moitié de leurs visages.

De même, il est le premier à s’inspirer du découpage technique des films dans la composition de ses cases. Beaucoup de ses cases sont ainsi assimilables à des plans d’un film. De ce fait, ses mangas ont une esthétique particulière et sophistiquée que de nombreux mangaka ont repris par la suite.

Son premier succès est La Nouvelle Île au trésor, publié en 1947. Ce manga va marquer les esprits et inspirer beaucoup de mangaka qui vont reprendre une esthétique et une narration proche de cette oeuvre. En effet, La Nouvelle Île au trésor est le premier nekketsu de l’histoire du manga.

Le nekketsu et autre genres

Le nekkestu (littéralement « sang bouillant ») désigne les mangas qui reprennent la structure narrative des contes occidentaux. C’est-à-dire ceux qui mettent en scène un voyage initiatique où un héros va mûrir grâce à toutes les péripéties qu’il va rencontrer. Souvent, le héros est encore un enfant au début du manga. En général, il est d’une grande naïveté et ignore tout du monde qui l’entoure. Une quête va alors s’imposer à lui et bouleverser son quotidien. Le héros se lance donc dans cette quête où il sera aidé par de nombreux fidèles compagnons. C’est alors la résolution de cette quête et le mûrissement du héros (souvent traduit par un passage à l’âge adulte) qui marque la fin du manga.

Vous l’avez compris, le nekketsu est sûrement le genre de manga le plus connu en France. Les séries les plus populaires comme Dragon BallOne PieceNaruto ou Saint Seya appartiennent à ce genre.

Il existe un nombre incroyable de genre de mangas. On retrouve tous les genres classiques du cinéma et de la littérature comme la science-fiction, les drames historiques, les comédies etc. C’est peut être dans les sous-genres que le manga est plus foisonnant. On peut citer par exemple le meka, sous-genre de science-fiction qui met en scène des combats de robots géants ou le mahô shôjo, sous-genre de la fantasy qui a comme héroïnes des jeunes filles magiciennes.

Des publics ciblés

Au-delà des genres, les mangas sont aussi classifiés selon le public qu’ils ciblent. Ainsi les kodomo sont destinés à un public enfantin de moins de 10 ans non genré, le shônen cible un public masculin entre 8 et 18 ans tandis que le shôjo cible la même tranche d’âge mais auprès d’un lectorat féminin. Les seinen sont destinés à des lecteurs masculins de 16 ans et plus quand les josei s’adressent au même public mais féminin. Enfin, le seijin cible tous les adultes, genres confondus.

Système de publication

Une couverture du Weekly Shonen Jump, 4.bp.blogspot.com

L’édition de manga japonaise est totalement différente de celle que l’on connaît en France.  En effet, la plupart des mangas gardent le même système de publication que Tagosaku to Mokube no Tokyo Kembotsu de Rakuten Kitazawa. Pour la plupart, les mangas sont d’abord publiés dans un magazine avant d’être édités en volumes reliés. Ainsi les japonais ont l’habitude de découvrir les mangas chapitre par chapitre, plutôt que volume par volume comme en France.

Les chapitres font pour la plupart entre 10 et 20 pages et leurs rythmes de parution dépendent du magazine dans lequel ils apparaissent. Certains magazines sont hebdomadaires, d’autres mensuels voire bi-mensuels ou trimestriels. La majorité d’entre eux sont très accessibles financièrement et imprimés en noir et blanc. Les magazines les plus réputés sont sans aucun doute les célèbres Weekly Shônen Jump et Weekly Shônen Magazine où ont été publiés les nekketsu les plus connus. Ces magazines sont extrêmement populaires au Japon. En 2008, les japonais ont dépensé 211 milliards de yens dans l’achat de ces magazines (soit 1 604 760 500 euros) !

Adaptation en anime

Les mangas les plus populaires sont souvent adaptés en série d’animation. Au Japon, ces séries se nomment anime. Elles reprennent exactement l’histoire des mangas originaux et essayent de retranscrire au mieux leurs esthétiques. Leur but est d’être les plus fidèles adaptations possibles.

Cependant, certaines s’autorisent parfois quelques ajouts. En effet, il est courant que les anime disposent d’épisodes spéciaux qui ajoutent des intrigues qui ne sont pas présentes dans les mangas. Toutefois, ces intrigues n’ont pas d’impact sur la trame narrative principale du manga. Les épisodes spéciaux tentent au mieux de conserver la cohérence narrative du manga.

L’anime Pokemon, i.pinimg.com

 

Retrouvez dans la troisième et dernière partie de l’article comment l’anime s’est exporté en France à travers l’exemple de Cobra!

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Bibliographie : FREDERIC Vincent, La structure initiatique du manga. Une esquisse anthropologique du héros, Société n°106, 2009.

Auteur : Yatsu Atatakai

 

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