Le Tanabata

6
Juil

Le Tanabata et la légende d’Hikoboshi et Orihime

Tanabata, la fête des étoiles

Le célèbre tanabata de Sendai, embassybrasialia.com

Chaque année, le 7 juillet, les rues japonaises se remplissent d’une multitude de décorations. Sculptures en origami, cartes colorées, banderoles et autres ornements fleurissent partout dans le Japon. En effet, le 7 juillet marque le début des festivités du tanabata, la fête japonaise des étoiles.

Une origine légendaire

Le 7 juillet coïncide avec un événement stellaire : c’est le moment de l’année où les étoiles Véga (de la constellation de la Lyre) et Altaïr (de la constellation de l’Aigle) sont les plus scintillantes.

Une légende explique pourquoi Véga et Altaïr scintillent en même temps à cette date. Ces deux étoiles, dans la mythologie chinoise, sont deux amants incarnés par un bouvier (un gardien de bovins) et une tisserande (une artisane d’étoffes).

La légende du Bouvier et de la Tisserande

Le commencement

Représentation du Bouvier et de la Tisserande par Tsukioka Yoshitoshi, wikipedia.org

Tout commence lorsqu’un jeune orphelin prend la décision de quitter sa demeure suite à la maltraitance que lui fait subir sa famille. Il part seulement accompagné d’un buffle qu’il considère comme son seul ami. L’orphelin décide de s’installer sur une montagne et d’y vivre paisiblement. Il commence à y élever des vaches et devient ainsi Bouvier. Un jour, son ami le buffle lui fait une prédiction : de l’autre côté de la montagne se trouve un lac dans lequel sept filles se baigneront. Si le garçon s’empare des habits d’une de ces filles, cette dernière l’épousera. Le Bouvier obéit et la prophétie s’accomplie : il se marie avec une des sept filles.

Un couple céleste

Les deux amants vivent heureux sur leur montagne, toujours accompagnés du buffle. De leur mariage naissent deux enfants qu’ils élèvent avec amour. Mais le buffle commence à vieillir. Voyant son heure arrivé, il demande au Bouvier de récupérer sa peau une fois qu’il sera mort. En effet, selon lui, sa peau dispose de pouvoirs magiques : elle permet à son détenteur d’exaucer un vœu. Le buffle meurt quelques jours après ces mots. Le Bouvier respecte sa dernière volonté et ôte la peau de son cadavre.

Pendant ce temps là, la Reine Mère Céleste, dirigeante des immortelles, s’aperçoit qu’une de ses fées, la Tisserande des nuages colorés du couchant, a disparu. Les sept filles qui se baignaient dans le lac étaient en fait des fées! L’épouse du Bouvier est donc une fée originaire du domaine céleste, c’est elle qui était chargée de tisser les nuages rougeoyants des couchers de soleil. La Reine Mère Céleste décide alors de descendre sur Terre pour récupérer la Tisserande et la ramener auprès de ses semblables. Selon elle, les êtres célestes et humains sont incompatibles et ne doivent pas se rencontrer, et encore moins se marier.

La Reine Mère Céleste, aussi connue sous le nom de Xiwangmu, chinawhisper.com

Une fin tragique

Une fois sur Terre, la Reine Mère Céleste réussit sans peine à enlever la Tisserande. Le Bouvier assiste, impuissant, à cet enlèvement. Une seule solution s’offre à lui pour récupérer sa bien aimée. Il s’empare de la peau de son ami le buffle et fait un vœu : il souhaite être de nouveau aux côtés de son amante. Le Bouvier commence alors à s’envoler à la poursuite de la Reine Mère Céleste et de la Tisserande. Voyant le jeune homme à leur poursuite, la Reine Mère prend la décision de punir les deux amants et les transforme en étoiles. Le Bouvier devient l’étoile Altaïr tandis que la Tisserande se transforme en l’étoile Véga. La Reine Mère Céleste trace ensuite une ligne infranchissable entre les deux étoiles qu’elle nomme le Fleuve Céleste.

Toutefois, la mère Céleste est miséricordieuse. La septième nuit du septième mois (donc le sept juillet), La Tisserande et le Bouvier sont autorisés à se rencontrer de nouveau. C’est pour cela que chaque année à cette date les deux étoiles Véga et Altaïr scintillent de mille feux.

Le tanabata au Japon

Une origine chinoise

Le tanabata d’Edo par Utagawa Hiroshige (1852) japan-suite.com

La légende du Bouvier et de la Tisserande était à l’origine chinoise. Les chinois fêtaient donc la réunion des deux amants catastérisés bien avant les japonais. La fête du sept juillet portait alors le nom chinois de « Qixi« .

C’est en l’an 755 que l’impératrice Kôken décide d’importer le Qixi au Japon. La fête porte alors le nom de Kikkoden, à savoir « Le Festival de plaidoirie des compétences ». En effet, en plus d’être un festival fêtant l’amour, c’était aussi un moment pour les jeunes femmes de démontrer leurs compétences domestiques pour séduire d’éventuels futurs maris.

Vers 760, un poème sur la légende du Bouvier et de la Tisserande est rédigé dans le célèbre recueil japonais du man’yôshû. La légende va subir de nombreuses modifications pour correspondre aux mythes japonais. Le Bouvier prend le nom de Hikoboshi tandis que la Tisserande prend celui d’Orihime. Mais c’est surtout pendant l’ère d’Edo (1603-1868) que le festival devient de plus en plus populaire au sein du peuple japonais.

Le festival va finalement prendre le nom de tanabata en raison des tissus que préparaient spécialement pour l’occasion les prêtres shinto. En effet, ces tissus étaient fabriqués sur des métiers à tisser nommés tanabata. Les tissus servaient ensuite d’offrandes aux Dieux pour espérer avoir une récolte de riz fructueuse à l’automne.

Le tanabata aujourd’hui

Une fête colorée

Aujourd’hui, le tanabata est synonyme de couleurs! En effet, lors du tanabata, tout le Japon décore ses rues d’une multitude d’ornements tous plus colorés les uns que les autres!

Sept décorations traditionnelles sont utilisées pendant le tanabata. Elles disposent toutes d’une symbolique différente :

Les tanzaku, des petites cartes en papier. On y écrit à la main son vœu le plus cher. Dans beaucoup de cas, le vœu est écrit sous la forme d’un poème. Le poème est ensuite suspendu à une tige de bambou. (kojikis.com)

Les orizuru, des grues en origami, pour souhaiter une bonne santé et une longue vie. (devientart.net)

Les Kinchaku, décorations pour obtenir du succès en affaires, wikipedia.org

Les toami, pour prier pour une pêche fructueuse, studiaregiapponese.com

les kamigoromo, des kimonos en papiers, pour obtenir des meilleures compétences en couture (esuhai.com)

les fukinagashi, des banderoles qui représentent les tissus tissés par la Tisserande Orihime (3.bp.com)

les kuzukagos, pour souhaiter la propreté et des épargnes enrichissantes. nipocultura.com

Le tanabata dans tout le Japon

Bien que le tanabata soit fêté dans tout le Japon, certains festivals disposent d’une notoriété plus grande que d’autres. Ainsi le tanabata le plus réputé est celui de Sendai, organisé cette année du 6 au 8 août. Même si le tanabata se déroule traditionnellement le sept juillet, certaines villes préfèrent changer les dates pour correspondre au mieux au moment de l’année où Véga et Altaïr brillent le plus.

En effet, même si la légende mentionne la septième nuit du septième mois, le calendrier japonais de l’époque ne correspondait pas au calendrier japonais actuel ! Lors de l’importation du tanabata au Japon, les japonais n’utilisaient pas encore le calendrier grégorien. L’ancien calendrier japonais avait, en quelques sortes, un mois de retard sur le nôtre. Le mois de juillet de l’époque correspondait alors au mois d’août actuel. C’est pourquoi plusieurs villes, comme Sendai, préfèrent organiser leur tanabata au mois d’août.

 

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Auteur : Yatsu Atatakai

 

 

 

 

 

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