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18
Sep

Matsuri et traditions japonaises – Festival Animasia 2018 JAPON

Nous avons tous en tête des images des fêtes japonaises : feux d’artifices, parades, kimonos, lampions etc. Tous les ans, ces célébrations réunissent des milliers de personnes et offrent des spectacles grandioses. Nommées matsuri en japonais, ces fêtes occupent une place importante dans la culture japonaise. Elles se déclinent sous de multiples formes et célèbrent le vaste patrimoine culturel japonais.

Le Kanda matsuri à Tokyo, reisuke-setyarko.blogspot.com

Des fêtes toute l’année dans tout le Japon

susanoo-matsuri

le kami susanoo, wipedia.org

Les matsuri sont présents dans tout le Japon et se déroulent à n’importe quel moment de l’année. On en retrouve aussi bien en été qu’en hiver et dans toutes les régions japonaises. Que ce soit dans les grandes villes ou les petits villages, la seule chose nécessaire à la création d’un matsuri est la présence d’un sanctuaire religieux. Chaque fête est donc liée à un ou plusieurs sanctuaires.

Une tradition religieuse

Les matsuri sont avant tout des fêtes religieuses dont le but est de célébrer les différentes divinités de ces sanctuaires. Ces divinités, appelées kami en japonais, décident de la thématique de la fête. Par exemple, le matsuri de Kyoto (nommé Gion Matsuri) est lié au sanctuaire du kami Susanoo, dieu de la mer et des tempêtes. Les fêtes du Gion Matsuri veulent donc apaiser les Dieux pour éviter des catastrophes naturelles, récurrentes dans cette région du Japon.

Chars géants, feux d’artifices et parades

Il existe une grande diversité au sein des matsuri. Chacune de ces fêtes célèbrent ses kami de manières différentes, que ce soit par le déguisement, la danse, la calligraphie, la parade, le théâtre etc. On trouve tout de même deux points communs à tous les matsuri : leurs déroulements à l’air libre et leurs attachements à une culture locale. Tous les matsuri prennent place en extérieur et exploitent une grande partie de la ville.

Des fêtes liées à des identités locales

Dans le cas des grandes villes comme Kyoto ou Osaka, les matsuri sont organisés dans un quartier et mobilisent une partie de ses habitants. Les villages quant à eux sont mobilisés en entier dans ces célébrations. La culture locale est souvent mise en avant, le rôle de tireur de chars revient d’ailleurs traditionnellement aux personnes habitants à côté du sanctuaire. Le déroulement en plein air est aussi important, un matsuri se doit d’être un événement où les rencontres humaines jouent un rôle principal. Le plein air permet aussi la mise en scène de chars ou de marionnettes qui peuvent atteindre des proportions gigantesques. Certains chars du Gion Matsuri mesurent 25 mètres de haut et pèsent 15 tonnes!

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Un char hoko du Gion Matsuri, japantravel.com

Les matsuri d’aujourd’hui

Un festival traditionnel dans un paysage moderne, kanpai.fr

Les matsuri sont aujourd’hui des événements culturels importants qui attirent de nombreux spectateurs. Les trois plus grandes fêtes sont celles de Kyoto, Osaka et Tokyo. Elles réunissent tous les ans plus d’un million de spectateurs chacune. En effet, la renommée des matsuri est aujourd’hui internationale et ils attirent de plus en plus de touristes venus de la Terre entière.

Des pratiques en permanente évolution

Le succès international des matsuri a donc apporté plusieurs modifications au déroulement de ces derniers. Sa dimension économique s’est beaucoup développé, les matsuri sont maintenant des événements qui rapportent beaucoup d’argent en raison des nombreux touristes qui s’y rendent. De même, la dimension religieuse des matsuri a tendance à disparaître petit à petit. En effet, en 1952, la plupart des célébrations ne dépendent plus d’organismes religieux. Elles dépendent aujourd’hui, pour la majorité, de la Chambre de Commerce.

Entre tradition et modernité

Ce mélange entre tourisme et religion se retrouve dans beaucoup des matsuri d’aujourd’hui. Il est particulièrement visible au niveau de l’esthétique de la parade, qui mêle tradition et modernité. Par exemple, les participants sont vêtus de costumes inspirés de l’époque d’Edo (1600-1868) mais déambulent dans des rues bétonnées, devant des immeubles. De même, les parades ont plutôt lieues dans les quartiers touristiques des villes qu’à proximité de leurs sanctuaires.

Le Gion matsuri, le plus gros festival japonais

Chaque année au mois de juillet se déroule à Kyoto le plus gros festival du Japon : le Gion matsuri.

Un matsuri contre des catastrophes naturelles

Il faut remonter en 869 pour trouver l’origine de ce festival. À cette époque, et particulièrement en été, la rivière de Kyoto était souvent en crue. Ces crues apportaient malheureusement avec elles de nombreuses maladies. Ainsi beaucoup d’épidémies se déclaraient et causaient de nombreuses morts. L’an 869 marque aussi un énorme tremblement de terre survenu au Nord-Est du Japon dont le nombre de victimes s’élève à un millier. Ces catastrophes étaient interprétées à l’époque comme étant l’oeuvre d’âmes d’humains morts dans des circonstances brutales. Pour réagir à cette malédiction, les autorités religieuses ont donc décidé de mettre en place un matsuri qui aiderait à apaiser ces âmes en peines. C’est ainsi que le Gion matsuri est né.

La grande procession Yamahoko Junko

La grande procession yamahoko junko, wikimedia.org

Les deux événements principaux du Gion matsuri se déroulent le 17 et 24 juillet. Les japonais l’appellent la grande procession Yamboko Junko. 33 chars déambulent dans les rues de Kyoto accompagnés par de la musique traditionnelle. Les 33 chars représentent les différents quartiers de la ville. On y distingue deux types de chars, 23 sont des yama et 10 sont des hoko. Les chars hoko sont hérissés d’une grande flèche au niveau de leurs toits et nécessitent une cinquantaine de personnes pour être tirés. Les yama quant à eux sont plus petits et sont remplis de mannequins décoratifs.

Un mois de juillet festif

Le yamahoko junko est loin d’être le seul événement du Gion matsuri. Kyoto abrite ainsi pendant tout le mois de juillet de nombreuses autres festivités. Parmi elles se trouve le Yoi-yama qui précède le yamahoko junko. Durant trois nuits tout le centre de Kyoto devient piétonnier pour laisser un maximum de place aux festivités. Les rues se remplissent alors de stands itinérants et de représentations artistiques. On peut aussi citer le rituel du Mikoshi-arai se déroulant les 10 et 28 juillet. Le Mikoshi-arai permet de purifier l’incarnation physique des kami, des temples miniatures baptisés mikoshi. Les mikoshi sont ensuite transportés dans la ville le 17 juillet puis reviennent dans leur demeure le 24 juillet.

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Les trois mikoshi du Gion matsuri, enjoy-kyoto.net

Et vous savez ce qui vous attend à l’édition 2018 d’Animasia? Un vrai matsuri rien que pour vous et vos amis! Venez retrouver cette ambiance japonaise traditionnelle autour de jeux comme la pêche aux poissons Kingyo Sukui ou le lancer d’anneaux Wanaga!

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Bibliographie : GUICHARD-ANGUIS Sylvie, Rites et fêtes dans les villes japonaises, Cybergo : European Journal of Geography, 1999.

Auteur : Antonin Truchot

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