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10
Mai

ANIMASIA « HORS LES MURS » JAPON – Le shibari, l’art japonais du bondage

Le shibari ou l’art du bondage

Pas de blague ici, nous allons bien nous intéresser aujourd’hui à une technique de bondage japonaise, le shibari. Une technique qui est, dans son pays natal et auprès de ses connaisseurs, considérée comme un art. Une petite précision tout d’abord pour les plus néophytes d’entre vous, qu’est-ce que le bondage ? Une pratique qui consiste à attacher son partenaire pour le mettre dans une situation de soumission, tout simplement.

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Une composition shibari par Garth Knight, garthknight.com

Mais là où le bondage occidental se fait quasi-systématiquement dans le cadre de pratiques sexuelles, plus particulièrement sadomasochistes. Le shibari souhaite apporter une dimension esthétique, érotique, voire artistique. Le côté sexuel n’est alors même pas nécessairement présent. Tandis que le but de la pratique va au-delà de la simple volonté d’immobiliser son partenaire.

Plus précisément, le shibari, c’est l’art de ligoter son ou sa partenaire à l’aide d’une ou plusieurs cordelettes et en utilisant des motifs géométriques prédéfinis.

Notons qu’au Japon, on préférera le terme « kinbaku » à « shibari ». Le premier signifiant directement « bondage » tandis que le deuxième signifie « attaché, lié », mais à propos d’un colis. C’est cependant ce dernier qui est devenu l’appellation courante de cet art en Occident.

Des origines pas très érotiques

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Figures d’hojôjutsu, printerest.se

Le shibari trouve sa source bien loin arrière dans l’Histoire du Japon, dans le Japon féodal. En effet, alors nommée « hojôjutsu », cette pratique servait en temps de guerre à capturer ses ennemis autant qu’à les torturer. Il était ainsi possible de ligoter les torturés en serrant très fort les liens. Créant des points de compression sur le corps qui causeront des dommages irréversibles. Ou bien de simplement suspendre la victime pendant un temps assez long. Dans les deux cas, la mort attendait souvent au bout de la torture. Cependant, ces pratiques furent interdites par le gouvernement en 1742, sous le shogunat Tokugawa.

À cette époque-là, faire du hojôjutsu une pratique érotique était loin d’être courant. On sait cependant que quelques nobles le pratiquaient. Quelques premières images érotiques où l’usage de la corde est représenté apparaissent à la fin de l’ère Edo. Ito Seiu est en 1908 le premier à étudier le hojôjutsu puis à l’envisager comme un art. mais la tradition du shibari en tant qu’art ne s’est véritablement développée que pendant les années 1960.

Mais tout de même, pourquoi le shibari ?

De base, d’autant plus si la pratique se veut aussi sexuelle, un des objectifs du shibari est d’éprouver du plaisir en se retrouvant dans une position de soumission. Mais ce n’est pas tout !

À la découverte du langage corporel

D’après les spécialistes de cet art, se trouve au cœur de la pratique la nécessité d’instaurer une relation de confiance entre le/la ligoté(e) et le/la ligoteur/ligoteuse. Cette pratique est alors également l’occasion de découvrir un peu plus le langage corporel avec son ou sa partenaire.

Des liens avec certaines formes de médecine traditionnelle japonaise

Les cordes sont évidemment moins serrées que lors des séances de torture du Japon féodal. Mais la pression exercée sur le corps suffit à stimuler certains points d’énergie. Ainsi le shibari se rapproche, sous cet aspect, du shiatsu. Et si vous ne savez pas ce qu’est le shiatsu je vous invite à aller jeter un œil à cet article qui en parle un peu !

Un intérêt artistique

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jotdown.es

Le caractère esthétique du shibari se dévoile dans plusieurs de ses aspects. Tout d’abord dans le motif dessiné par les cordes. On parle de motif karada pour désigner le harnais de cordes qui entoure le corps de la personne ligotée. Mais l’aspect esthétique se dévoile aussi dans la position donnée à la personne (parfois suspendue). Le bondage japonais est connu pour faire appel à des positions dissymétriques qui exagèrent l’impact psychologique du shibari ainsi que la douleur. Il existe aujourd’hui plusieurs artistes shibari au Japon et ailleurs comme, par exemple, Nawashi Shadow.

Comment pratiquer le shibari, quelques informations basiques

Vous avez désormais tous compris l’intérêt du shibari au-delà de sa dimension purement sexuelle. Je suis donc certain que vous avez tous envie de vous y essayer. Voici donc quelques conseils de base !

Tenue et matériel

Tout d’abord, quant à la tenue à porter. L’idéal, c’est d’être nu. Ou à la limite de porter des vêtements qui restent très proches du corps. Le but étant d’éviter que les cordes ne créent des plis dans les vêtements. Ce qui serait, sans aucun doute, remarquablement inconfortable. Avec certaines positions, il est également idéal de porter une jupe, même avec des collants, et que l’on soit un homme ou une femme. En effet ce vêtement permet d’attacher plus facilement les jambes tout en couvrant une partie du corps. Le but étant généralement de procurer du plaisir à la personne soumise, on ajoute souvent un bâillon pour parfaire la tenue.

La ou les corde(s) quant à elle(s). Elles peuvent être en chanvre ou en jute au choix et doivent mesurer 6 à 8 millimètres de diamètre. Ainsi elles sont assez épaisses pour ne pas s’enfoncer dans la peau de la personne. On évitera au maximum de faire des nœuds, ces derniers étant jugés très disgracieux dans le cadre du shibari.

Un exemple de position, le hog-tie

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Modèle en position classique de hog-tie, wikipedia.org

Parmi les positions les plus courantes du shibari, il y a le hog-tie, ou ball-tie. Il s’agit de bloquer complètement le corps de la personne pour empêcher tout déplacement. C’est pourquoi les pieds sont noués entre eux et rapprochés des mains, elles aussi nouées entre elles. Mentionnons également la position ebi, ou de la « crevette » : ligotage des jambes en tailleur avec le haut du corps ramené vers les jambes.

Là où le bondage devient art

Si le bondage occidental est entièrement voué au sexe, celui japonais, le shibari, se veut aussi être un art. Et il y parvient, au travers des œuvres des maîtres du genre, les nawashi. Plusieurs expositions de photos de compositions shibari, ainsi que des démonstrations ou des cours de cet art, sont autant d’événements qui ont aujourd’hui parfois lieu un peu partout dans le Monde.

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hiveminer.com

Le shibari semble en plus être l’occasion d’apprendre à mieux comprendre son ou sa partenaire. Ce par le développement du langage corporel et par l’instauration d’une relation de confiance.

Enfin, comme vous devez vous-y attendre avec ces articles, un atelier Animasia « Hors les Murs »  sur le shibari est en préparation !  Des informations plus précises arriveront bientôt alors restez connectés.

Et puis n’ayez point peur, et n’hésitez pas à venir participer à ce prochain atelier, et sur ce, à bientôt !

Auteur : Simon Morgan

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