Interview de Nadège Livet

Dans le cadre de la programmation Animasia Hors Les Murs, nous organisons des interviews de professionnels qui participent au rayonnement de la culture japonaise en Nouvelle Aquitaine.

Le but ? Vous faire découvrir leurs activités, leurs parcours, leurs motivations et surtout leurs expériences !

Pour cette interview, nous avons fait appel à Nadège Livet, praticienne shiatsu certifiée.

● Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre parcours professionnel ?

Je suis quelqu’un de touche à tout et de très curieuse. J’ai travaillé en tant qu’éducatrice spécialisée pendant 10 ans auprès d’enfants en situation difficile. Je me suis formée à Tours (je viens de là-bas) et je suis arrivée à Bordeaux en 2012 dans le cadre de ce travail.

Et il y a 6 ans, j’ai débuté une formation de shiatsu pendant 3 ans dans l’école de médecine chinoise Fuji Taishan, située à Bordeaux. J’avais déjà une approche du ressenti de l’énergie par le biais de ma pratique du Viet Vo Dao, un art martial vietnamien très complet.

Sensibilisée au ressenti de l’énergie et avec l’envie d’étendre mes connaissances, je me suis formée au Reiki, méthode japonaise de soins énergétiques avec un travail de rééquilibrage au niveau du corps éthérique, situé à 10cm du corps.

Après avoir passé les 2 premiers degrés, je voulais continuer d’explorer ce travail énergétique, notamment par le biais d’une approche plus tactile pour un accompagnement plus formel et s’appuyant sur des apports théoriques. C’est comme ça que je me suis intéressée au shiatsu et choisie de m’y former.

« Le shiatsu consiste à rétablir l’équilibre de la circulation énergétique dans les méridiens afin de préserver une bonne santé physique et psychique »

● En quoi consiste le shiatsu et quels sont ses principes fondamentaux ?

Le shiatsu est basé sur les principes fondamentaux de la médecine traditionnelle chinoise. On y retrouve la théorie du Yin et du Yang et la théorie des 5 éléments (bois, feu, terre, métal et eau), auxquels sont rattachés les méridiens ainsi que les grandes fonctions physiologiques et psycho-émotionnelles du corps.

Par le biais de pressions le long des méridiens énergétiques, le shiatsu aide à dissoudre les stagnations d’énergie dans certaines parties du corps, et à revitaliser celles qui en manquent.

Le but est d’harmoniser la circulation de l’énergie pour que le corps retrouve toutes ses capacités d’auto-défense et d’auto-guérison. Quand l’énergie circule correctement dans le corps, il a toutes les capacités de lutter contre les agressions extérieures et de maintenir une bonne santé physique et psychique.

● Qu’est-ce qui vous a particulièrement attiré vers
cette pratique thérapeutique japonaise ?

C’est une approche totalement holistique où l’on vient accompagner la personne dans sa globalité et dans sa singularité. C’est une pratique qui rééquilibre aussi bien les fonctions corporelles que les perturbations émotionnelles.

La médecine occidentale et la médecine chinoise sont deux approches complémentaires. Je ne suis pas là pour dire que l’une serait meilleure que l’autre. Seulement, la médecine chinoise prend plus du temps, une séance ne peut pas suffire pour régler une problématique installée depuis longtemps, c’est un traitement de fond où l’on vient traiter la cause racine des troubles de santé. On va au-delà de s’intéresser aux symptômes seulement.

● Pouvez-vous nous décrire à quoi ressemble une séance typique de shiatsu ?

Une séance typique de shiatsu se déroule en 3 temps :

LE BILAN ÉNERGÉTIQUE

Questions sur les motifs de consultation et prise de pouls des méridiens sur les poignets

LA SÉANCE DE SHIATSU

Selon les besoins
Elle peut varier entre 45 minutes et 1 heure

LES CONSEILS POST SÉANCE

Conseils alimentaires, sur les habitudes de vie, des exercices à faire soi même (Do In), etc.

D’abord on détermine si le méridien est plein, auquel cas il s’agit d’une stagnation d’énergie, ou s’il est vide d’énergie. Ensuite, on vient exercer une pression ou un étirement pour restaurer l’équilibre de ce méridien.

En tant que praticien, on apprend à développer son sens du toucher au fur et à mesure du temps.

● Quels sont les préjugés que les personnes peuvent avoir du shiatsu,
et que vous voudriez déconstruire ?

Le shiatsu est une pratique encore trop peu reconnue dans notre culture. Il est difficile de convaincre les personnes sceptiques de l’existence des méridiens et de l’importance d’une circulation énergétique harmonieuse dans la résolution de leurs problématiques de santé. Mais pour ces personnes qui n’y croient pas, les ressentis et les effets d’une séance peuvent être un bon moyen de déconstruire leurs idées reçues.

A l‘inverse, pour les gens qui adhèrent à ces pratiques, il est important de déconstruire l’idée que le shiatsu va venir tout résoudre en une séance ou deux. C’est un long travail de réharmonisation énergétique car les déséquilibres énergétiques sont très souvent installés depuis longtemps. Le soin curatif prend plus de temps. De plus, il va très souvent falloir que la personne change également certaines habitudes de vie pour ne pas voir se reproduire les mêmes symptômes.

Il faut savoir qu’à la base, la médecine chinoise est une médecine préventive, et les personnes viennent régulièrement recevoir des séances de shiatsu pour éviter aux dérèglements énergétiques de s’installer en profondeur.

● Quels bienfaits ressentez-vous pendant
et après une séance de shiatsu ?

Une séance de shiatsu apporte une détente physique et psychique immédiate qui va tout de suite être ressenti par le receveur.
Au niveau corporel, ce sont les tensions qui seront soulagées par les points de pression du shiatsu. Et au niveau psychique (pensées sombres, manque de motivation, irritabilité…), la personne se sentira mieux dans sa tête et sera prête à affronter ses problèmes.

Un des autres bénéfices va être une reconnexion à son corps. Reconnecter les gens à leurs circuits énergétiques, c’est ça l’objectif d’une séance de shiatsu. On parle là de canaux invisibles, immatériels qu’on ne ressent pas si on n’y prête pas attention.
C’est une démarche de prévention de santé, où l’on apprend à s’occuper de soi dès l’apparition des premiers symptômes avant que la maladie ne s’installe en profondeur.

Un proverbe tibétain, que j’aime beaucoup, nous dit “Si tu écoutes ton corps lorsqu’il chuchote, tu n’auras pas à l’entendre crier”.

Et il faut savoir que le shiatsu est une pratique très efficace dans la réduction du stress.
Le stress va venir perturber l’énergie de la rate notamment et le praticien va agir sur les méridiens en déséquilibre. Recevoir une séance de shiatsu apporte de réels effets sur l’apaisement du mental pour retrouver un calme intérieur.

Certains points de pression permettent un apaisement émotionnel. C’est une pratique qui se transmet aussi à travers le Do In et donne aux gens des outils nécessaires pour diminuer leur stress.

« Mon but en tant que praticienne, c’est d’amener les personnes
à une plus grande conscience de leur corps »

● Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui souhaitent découvrir ou
essayer le shiatsu pour la première fois ?

C’est très simple. La meilleure façon de découvrir le shiatsu, c’est de recevoir une séance.

Avec l’association Shiatsu Sabaila’i, on milite pour rendre cette pratique accessible à tout le monde. C’est pour cela que l’on se déplace dans des évènements tels que le festival Animasia avec une chaise de massage dans le but de faire découvrir les bienfaits du shiatsu lors d’une séance de 20-25 minutes.

● Comment encouragez-vous vos receveurs à intégrer les principes du shiatsu dans leur vie quotidienne (même en dehors des séances) ?

En fin de séance, je leur propose de faire du Do In à la maison à travers le travail de certains points d’acupuncture en particulier, des étirements de méridiens et des conseils alimentaires pour prolonger les effets du soin.

Dans l’idéal, il faudrait pratiquer 10min de Do In (auto-massage) tous les jours. Cette pratique agit comme un précieux outil de prévention et de préservation d’une bonne santé en stimulant la circulation énergétique et contribuant à un bien-être général.

L’association propose des ateliers de Do In hebdomadaires pour apprendre et pratiquer l’auto-shiatsu et permettre ainsi d’acquérir une autonomie dans sa propre circulation énergétique. Pour ressentir les effets à long terme, la pratique doit être régulière.

● Selon vous, le shiatsu devrait-il être pratiqué régulièrement en entreprise ? Pourquoi ?

Absolument, c’est quelque chose qui devrait être mis en place régulièrement. Le shiatsu répond parfaitement à toutes les problématiques et les enjeux de Qualité de Vie au Travail :

➡️ Troubles musculosquelettiques : douleurs dorsales, lombalgies, cervicalgies, tensions au niveau des trapèzes

➡️ Troubles psychosociaux : épuisement professionnel, burnout, stress

Notre objectif est de faire découvrir les bienfaits du shiatsu aux responsables des Services de Ressources Humaines des entreprises dans le but d’amener un mieux-être au travail. La pratique en entreprise va aider à soulager les douleurs et éviter les burnouts professionnels.

Pour conclure

Merci à Nadège Livet d’avoir répondu à nos questions !
Anciennement éducatrice spécialisée, Nadège affectionne particulièrement la transmission aux enfants et aux plus grands d’outils concrets de pratiques corporelles pour se sentir mieux dans sa tête et dans son corps. Son souhait est d’offrir à chacun la possibilité de se réapproprier son bien-être et sa santé physique et émotionnelle. 

Si vous souhaitez participer à l’un de ses ateliers, n’hésitez pas à faire un tour sur le site internet de l’association Shiatsu Sabaila’i !